En 2008, je me souviens avoir acheté l’un des tous premiers netbook. L’objet me paraissait fantastique. Je devais prendre quotidiennement le RER pour me rendre à l’université et transporter mon ordinateur portable me posait plusieurs problèmes : il devenait trop lourd à la longue et le risque de se le faire voler planait toujours. Le netbook avait l’avantage d’être léger et peu coûteux (150 € si mes souvenirs sont bons).
Toutefois, il s’est très rapidement révélé être une belle escroquerie - ou pour le dire plus poliment : il n’était pas adapté à mes usages. Outre qu’il disposait d’une mémoire minuscule (4 Go), son écran avait la taille d’un timbre poste et le clavier ne pouvait être utilisé - sans déraper - que par des personnes pourvues de doigts très fins (les petites ouvrières chinoises qui les fabriquent ?). Installer le wi-fi sur la machine relevait le plus souvent de la croix et de la bannière quand le réseau était trop sécurisé tout comme les capacités d’évolution et de mise à jour de ce portable nain étaient plus que réduites.
Après cela, je me suis dit qu’on ne m’y reprendrait plus et qu’il reviendrait à mes proches d’essuyer les plâtres des innovations technologiques. Ce qui m’amène à ma grande hésitation concernant l’achat d’une liseuse. Si sur le (très) long terme, je pense que son avènement est vraisemblablement inéluctable pour la simple et bonne raison que pour les très jeunes générations et les futures, l’écran est et sera considéré comme le principal - voire l’unique - vecteur de savoir. Ils ne connaîtront plus que celui-ci au détriment du livre (et les politiques actuelles poussent l’éducation à faire une place de plus en plus grande aux écrans en tout genre). On peut le regretter (je suis plutôt dans une position nostalgique à cet égard), estimer qu’on perd là une capacité intellectuelle importante ou embrasser cette nouvelle donne en la replaçant sur le temps long.

La question de la transition des générations comme la mienne (née dans les années 1980) du support papier au tout écran se pose donc peut-être pour la dernière fois. Pour les autres, le passage ne sera pas nécessaire (un peu comme les personnes âgées qui comptent encore en ancien franc alors que les enfants de l’an 2000 n’ont connu que l’euro). Personnellement, cette conversion, je ne suis pas trop pressé de la faire. Je suis pourtant né avec un ordinateur à la maison, j’aime beaucoup utiliser les nouvelles technologies et juge sur bien des points leur apport positif. Toutefois, en ce qui concerne la lecture de longs textes (plus de trente pages pour des articles universitaires ou de journaux et encore moins de deux pages quand il s’agit de la fiction), je privilégie encore le livre papier.




















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